cash investigations : mademoiselle est habillée par… les enfants
Samedi, mai 19th, 2012Habillée par…
La fameuse phrase un tel et une telle sont habillés par .. et suit le nom d’un grand couturier. Mais là il s’agit d’enfants qui travaillent, pour nous permettre toujours plus de fringues inutiles, qui font marcher le commerce, et encore, et toujours, les plus riches grâce à la lobotomisation marketing !
Les tendances ne sont plus à l’année, ni même à la saison, mais au mois et à la semaine, et en prime, ça change d’une revue à l’autre ! Voir à ce sujet le bien connu film The Story of Stuff, qui montre comment en une seule saison les différentes talons des chaussures s’en suivent les uns après les autres pour faire changer de mode et faire acheter aux femmes.
Toujours plus loin, toujours moins cher
La Chine à longtemps été le pays de la couture, et de la délocalisation. Mais les chinois commencent (?) à se rebeller et à demander des salaires plus élevés. Alors toute l’industrie du textile low cost décide de délocaliser à nouveau, rendez vous au… Bangladesh. Un des pays les plus pauvres du monde, ou des millions de gens vivent avec moins d’1 Euro par jour !
Officiellement 4000 ateliers à Dacca, réellement 8000, dans des immeubles délabrés, enfermés à clé, travaillant des heures et des heures durant sans aucune pause.
L’émission doit se faire passer pour un acheteur potentiel, et obtient l’aide d’un éclaireur. On découvre des noms des marques les plus connues Ikea. L’acheteur affirme devoir donner un pseudonyme, n’ayant pas de garde du corps !
L’usine Monoprix
On débarque directement dans l’usine Monoprix. En effet, voici toutes les collections de la célèbre enseigne, cousues par des ouvrières dont certaines ont à peine 15 ans à bien les regarder, si ce n’est moins. Ces enfants là ne devraient-ils pas être à l’école ? Monoprix l’ignore ? Pourtant se faisant passer pour un acheteur, le journaliste peut voir leurs visages de façon évidente, et cela ne trompe pas, ce sont des enfants. Qui travaillent officiellement 60 heures par semaine devant une machine à coudre, et réellement, 70 heures minimum.
Travail d’enfants
Une fillette de 17 ans (on dirait bien moins mais bon…) explique travailler 6 jours sur 7, 12 heures par jour, une autre de 12 ans de même… parfois en travaillant même sur son seul jour de repos. Pendant ce temps, elles ne peuvent pas aller à l’école, devant travailler car ses parents sont trop malades pour travailler.
La DRH de Monoprix affirme n’en savoir rien de ces faits, et prendre très au sérieux l’alerte de l’émission Cash. D’ailleurs elle explique que les produits vus en fabrication à Bangladesh seront retirés des rayons. L’entreprise diligente aussi un audit pour vérifier les dossiers du personnel car elle trouve cela inadmissible.
Passons à Leclerc (qui à déjà réagi dans la presse)
Une usine de Paris soustraite à une autre de Bordeaux, qui à son tour soustraite à une de Lyon, qui elle soustraite à l’usine de Bangladesh non loin de celle de Monoprix. Un audit explique clairement que des enfants ont été employés pour réaliser les t shirt en coton Nettoyons la Nature.
L’entreprise défend pourtant le Commerce Équitable et Durable. Et Le P-DG Michel Édouard Leclerc affirme aller à la rencontre des ouvriers qu’il emploie. Leclerc affirme n’avoir pas donné suite à cette commande de 100.000 t shirts, étant donné qu’elle ne recevait ni la commande dans les délais, ni le rapport éthique demandé pour pouvoir accepter la marchandise. Pourtant le fabricant du Bangladesh affirme bien avoir expédié cette commande, et on voit encore quelques cartons du nom de la Campagne : Nettoyons la nature.
Les jeans vieillis
Des jeunes travaillent dans une obscurité moyenne, à projeter du sable à haute pression sur des jeans afin de leur donner un aspect vieilli, tant aimé par les consommateurs du monde entier, au nombre de 23 pièces à l’heure. Ce sable s’immisce sous le maigre masque des 30 sableurs, qui pour certains y travaillent depuis 4 ans, et se loge directement dans leurs poumons, les soumettant à la maladie nommée Silicose, irrémédiable et mortelle. Le sablage est une technique interdite en Europe y compris en Turquie, ou des sableurs sont déjà morts et d’autres blessés. Ce sable est rempli à 60% de silice cristalline, le plus dangereux selon les experts, qui est projeté sur les jeans.
Une ONG s’occupe de transporter des sableurs malades auprès du médecin qui est formel en voyant leurs radiographies des poumons : pour préserver leur santé ils doivent démissionner de leur travail, puisque leurs poumons contiennent du sable, ce qui explique qu’à leur jeune age, moins de 30 ans, ils ne peuvent plus courir, monter des escaliers, ils sont essoufflés.
Et notre préférée, … Zara
Et sa société mère, Inditex. Qui ordonne un audit en 2009, audit qui révèle le travail d’enfants, l’age légal pour travailler non respecté, et ce en Inde. Pourtant, cette super entreprise qui est notre (était..) dressing ambulant, n’a pas que des lauriers à présenter. Zara emploie environ 2000 entreprises de couture en Inde, et on voit dans une vidéo des enfants qui dorment par terre, au chevet des machines à coudre, réveillés par des ordres aboyés par leur chef.
Les journalistes sont obligés de se rendre à Madrid à la conférence de presse du Groupe Inditex, le représentant France ayant refusé l’interview. En pleine conférence de presse le journaliste à le courage de poser la question au P-DG d’Inditex, lui demandant comment se fait-il que le groupe, ayant eu connaissance de l’audit en question, n’a rien fait pour renoncer à ces fournisseurs, au contraire il a continué à les embaucher. Le P-DG visiblement surpris promet toutefois d’étudier la demande d’interview du journaliste.
24 fournisseurs audités à New Delhi, et 2000 sous-traitants ignorés…
La note la pire accordée aux 24 fournisseurs est pourtant la note 2, pour les sous-traitants non autorisés, donc dans cette catégorie peuvent entrer ceux qui font dormir ces enfants au pied de leur machines à coudre. Parmi les 24 sous-traitants l’entreprise Inditex à conservé seulement 7 d’entre eux.
Face à ce rapport de gestion interne (fourni par une taupe sur une clé usb) le responsable RSE venu d’Espagne à bien du mal à se justifier, et tente de faire comprendre que les points et les barèmes sont des interprétations, et que tout à été résolu depuis lors.
La réponse d’Inditex
Après l’interview, Inditex fait parvenir une vidéo d’une usine rutilante, avec trousse de secours, extincteurs de feu, hygiène respectée, salariés adultes. L’émission se déplace pour vérifier et en un rien de temps, elle apprend que cette même usine viole ouvertement les règles d’Inditex, faisant travailler les ouvriers 7 jours sur 7 sans paiement des heures supplémentaires. Le Directeur explique que les auditeurs d’Inditex sont bien au courant mais ne prennent pas la peine de vérifier. L’Émission va tout de même leur envoyer, à son tour, la vidéo expliquant que les salariés travaillent 7 jours sur 7, pour leur permettre d’encore mieux auditer et réagir.
Erin Broncovich
Voici la vie transposée au cinéma et jouée par Julia Roberts, d’Erin Bronchovich, militante écologiste qui s’est battue pour réussir à faire condamner des pollueurs de l’eau à 333.000.000 USD !
Par hasard, elle ouvre un dossier et découvre une plainte d’une cliente, Roberta Walker. Elle décide de se rendre sur place et est étonnée d’apprendre l’état de santé de toute la famille. Elle prélève des échantillons d’eau et se rend à la Société qui gère l’eau de la ville et découvre plein d’analyses, expliquant que la pollution s’étend sur un rayon de 20km. Dans l’eau on trouve du Chromium VI, un métal lourd hautement toxique, que la société d’exploitation du gaz déverse directement dans la terre et l’eau des nappes phréatiques, polluant ainsi l’eau potable.
Roberta explique avoir demandé à la société de remplir sa piscine d’eau en bouteille, et avoir reçu une offre d’achat de sa maison 4 fois supérieure à sa valeur réelle, de la part de la société exploitant le gaz et l’eau.
Le combat d’Erin
Elle loue carrément la salle des fêtes du village en question, recevant de nombreuses plaintes et questions de la part de la population. Elle passe beaucoup de temps sur ce dossier, ne voyant presque plus ses 3 enfants. Elle parvient pourtant à faire condamner l’entreprise polluante à plus de 250.000.000 d’Euros, et reçoit une prime de la société d’avocats qui l’embauche, Masry & Vititoe, d’un million et demi d’euros, étant célébrée dans toute la ville.
Depuis, elle reçoit environ 40.000 emails par mois, tous en provenance de mères de famille alertant que dans leur entourage il y a des enfants atteints de maladies, de leucémies, de tumeurs. Elle réalise une carte qui géolocalise ces mères et les enfants, et est invitée au Congrès Américain pour expliquer ces informations, et est félicitée pour son engagement et son travail.
Elle a depuis créé son propre cabinet d’investigations sur ces drames des malades par pollution.
